10/07/2016

FRANCIS LAFARGUE, L'EXPERIENCE DU BASQUE

Francis Lafargue, ambassadeur Carrefour, a connu ses heures de gloire sur le Tour de France en étant la voix Française de l’Espagnol Miguel Indurain, quintuple vainqueur du Tour de France. Il a occupé le poste de Chargé des Relations avec la Presse au sein des équipes Reynolds, puis Banesto, Caisse d’Epargne et Movistar.  Avec son mentor et ami le Directeur Sportif José-Miguel Echavari il a côtoyé les plus grands dont trois vainqueurs du Tour de France, Pedro Delgado en 1988, Miguel Indurain de 1991 à 1995 et Oscar Pereiro Sio en 2006.

Francis Lafargue ne s’est pas éloigné du cyclisme même s’il n’est plus en pleine lumière, il s’occupe des liaisons entre l’équipe Direct Energie et son équipementier de cycles Espagnol BH. « Le cyclisme et en particulier le Tour de France, c’est un peu comme une drogue, c’est difficile de s’en passer. A 61 ans, avec l’expérience la pression est moindre mais l’enthousiasme est le même sinon je resterais à la maison et irais à la plage…J’attends le Tour de France comme les enfants attendent Noël ou les vacances. »

Les invités Carrefour sur le Tour de France peuvent bénéficier de son expérience et de ses nombreuses anecdotes qui ont émaillé sa carrière.

«  Pour moi la plus belle histoire c’est en 1983 et la découverte du Tour de France. La veille du contre la montre individuelle au Puy de Dôme, nous sommes montés sur le parcours entre Clermont-Ferrand et le sommet du Puy de Dôme. Après 21 h il était impossible d’emprunter la route car elle est privée et le propriétaire avait abaissé les barrières. Je m’étais débrouillé,  avec mon ami de toujours José Miguel Echavari, pour être sur place avec Miguel Arroyo et Pedro Delgado et un mécano. Avec toute la force possible et inimaginable, j’ai soulevé la barrière pour pouvoir passer malgré l’interdiction du propriétaire. Tous les spectateurs, déjà présents, nous ont aidés et nous sommes passés. Nous avons pu reconnaitre parfaitement le parcours. Le lendemain Arroyo remporte l’étape et Delgado fait deuxième. Miguel Arroyo m’a dédié l’étape. Ça m’a touché énormément. Nous arrivions avec Reynolds pour la première fois sur le Tour, une nouvelle équipe espagnole, très modeste. C’était le début d’une nouvelle aventure pour le cyclisme espagnol depuis Luis Ocana. »

En 1983, le Village Départ n’existait pas, le rôle des Chargés de Presse était particulièrement important car ils mettaient en contact coureurs et journalistes. « Ensuite avec Miguel  j’étais constamment sous les feux de la rampe, j’étais très exposé. »

« Pour Carrefour je suis là en tant que relation public, faire vivre le Tour et son environnement, raconter cette expérience et les souvenirs. Etre ambassadeur pour Carrefour  c’est un honneur. J’ai occupé toutes les fonctions au sein d’une équipe, un des premières relations publiques d’une équipe, il y avait Claude Sudres, pour Gan-Mercier, et moi pour Pedro Delgado. En  1988 je me suis retrouvé avec un maillot jaune et j’ai dû gérer les conférences de presse. Il fallait improviser. J’étais l’homme à tout faire en matière de communication. C’est un vrai métier, au fil du temps j’ai pris de l’expérience, et me suis confectionné un bon carnet d’adresses. Je possède un peu de bagou, ça me sert pour raconter le cyclisme, les anecdotes et la course. »

Les temps ont changé. Les coureurs d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux d’hier. « J’ai vu des coureurs souffrir sur le vélo. Ce qui a changé c’est la préparation. L’entrainement, la technique, le matériel ont évolué. Avant les coureurs lavaient eux-mêmes leur maillot après l’étape. En ce qui concerne l’hébergement, rien à voir avec les hôtels d’aujourd’hui. Nous étions dans des collèges, Un de mes coureurs d’1m88 avait les pieds qui dépassaient du lit, c’était Miguel Indurain. » Francis Lafargue n’en est pas pour autant passéiste, mais il met en exergue la pratique du cyclisme qui a fortement changée.

« Il y a des cuistots dans toutes les équipes, sont présents des psychologues, des sophrologues. Je fais partie des gens qui ont passé des nuits dans leur voiture dans les Pyrénées pour voir passer les coureurs. » Des gens comme Francis Lafargue sont là pour rappeler le passé et quelquefois cela fait du bien…

Il partage cette expérience sur les routes du Tour de France et d’Espagne avec Éric Marchyllie et c’est pour lui une grande bouffée d’oxygène.