02/07/2016

RICHARD VIRENCHE ET LE PANACHE

 

S’il est un coureur dans l’histoire du Tour qui avait du panache, c’est bien Richard Virenque. On ne remporte pas sept fois le maillot blanc à pois rouge-Carrefour de meilleur grimpeur par hasard. Il n’avait pas de pareil pour se lancer dans de longues aventures avec deux ou trois cols au programme et tenter de creuser un écart souvent substantiel. Des conditions qui lui ont permis de remporter quelques victoires retentissantes.

Il estime que le terrain de jeu, proposer cette année est propice à ce genre d’attitude, mais pas sûr qu’il se trouve beaucoup de candidat dans le peloton.

« Depuis quelques années nous assistons à un profond changement dans le tracé de la course, la part belle est fait à la montagne pour assurer le spectacle. Cette année le découpage est parfait, très montagneux certes et surtout très difficile à négocier dans la dernière semaine. D’ailleurs il n’est pas impossible que tout soit remis en cause la veille de l’arrivée sur les Champs Elysées puisque le peloton sera encore à Morzine le samedi soir.

C’est un Tour de France que j’aurais aimé courir. Les occasions de partir dans des chevauchées fantastiques sont nombreuses et j’aurais bien choisi mes étapes pour ne rien manquer. Le maillot blanc à pois rouge-Carrefour n’aurait pas été un trop gros souci pour moi, je sais où il se jouera.

Mais j’ai dû faire autrement en mon temps. Nous avions des parcours plus traditionnels avec de longs contre-la-montre. Je préfère quand même le découpage de cette année, tous les ingrédients pour un spectacle extraordinaire sont réunis.

Mais du moment où il y a de la montagne, je suis heureux et qu’importe le terrain de jeu. Il est vrai que certains cols sont moins connus, surtout dans les Alpes, mais ces cols sont difficiles. De toute façon il n’y a plus de surprise car tous les leaders sont allés reconnaitre le moindre mètre d’escalade.

Je regrette naturellement qu’il n’y ait plus de coureurs qui s’en vont très loin de l’arrivée pour marquer un maximum de points dans les cols tout au long de la journée. Il s’en trouve quand même quelques-uns pour renouer avec la tradition, c’est le cas de l’Italien Vincenzo Niballi, on a pu le constater sur le Tour de France. Il faut qu’il y ait des coureurs qui prennent des risques. Alberto Contador est également de cette trempe de coureurs qui tentent leur chance et ne veut pas attendre les trois derniers kilomètres d’un col pour porter l’estocade alors qu’il y a eu deux ou trois cols auparavant. C’est dommage de ne pas en profiter. »

 

Richard Virenque